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Les jeunes ayant manifesté « pour le climat » l’an passé peuvent reprendre le chemin de l’école la conscience tranquille. L’Europe a bien entendu leur message et propose un pacte vert ou Green Deal. « Mettre résolument l’Europe sur une nouvelle voie, celle d’une croissance durable et inclusive »(p.2) telles sont les promesses formulées par ce projet, présenté par la présidente de la commission, Ursula von der Leyen, le 11 décembre dernier.

Cet article dégage les axes centraux de l’incroyable transformation verte promise par la commission. De la gestion des émissions de gaz à effet de serre, au prix de sa mise en œuvre, en passant par le rôle donné aux technologies numériques et aux énergies renouvelables, cet article tentera de nous éclairer sur l’aspiration sociale et durable du nouveau pacte vert.

Il faut d’abord souligner que les propositions de réduction de gaz à effet de serre (GES) envisagées dans le Green Deal se trouvent déjà en deçà des recommandations scientifiques et des objectifs internationaux. Greenpeace dénonce: « L’Union européenne doit réduire ses émissions de gaz à effet de serre d’au moins 65% d’ici 2030, soit bien plus que la réduction de -50% à -55% proposée. Elle doit atteindre la neutralité carbone en 2040 au plus tard – et non pas en 2050. Avec ce pacte vert, l’Union européenne échoue à rattraper son retard par rapport aux objectifs de l’accord de Paris⁽¹⁾ »

S’y ajoute un manque de cohérence dans les ambitions que porte le Green Deal sur le plan mondial, notamment en termes de réduction des GES. L’UE affirme, dans le document, qu’« aussi longtemps qu’un grand nombre de partenaires internationaux ne partageront pas la même ambition que l’UE, le risque de fuite de carbone sera présent […] » et ajoute que « si ce risque se concrétise, il n’y aura aucune réduction dans les émissions mondiales et cela ruinera les efforts consentis par l’UE et ses industries pour atteindre les objectifs mondiaux en matière de lutte contre le changement climatique définis dans l’accord de Paris »(p.6). Cette position fataliste est un danger! L’Europe doit adopter d’urgence une vision plus globale, réaliste et ambitieuse en réponse à l’urgence climatique. Sans quoi, le Green Deal risque d’amener à une plus grande délocalisation de la pollution européenne vers l’étranger. A l’échelle mondiale, les émissions de gaz à effet de serre sont encore nettement en hausse, c’est une réalité qui ne doit plus être ignorée.

« Transformer un défi urgent en une chance unique à saisir », c’est par cet étrange ensemble de mots que le pacte vert est introduit. Le « défi urgent » est bien entendu la crise climatique et environnementale. Quant à la « chance unique à saisir » ces mots font référence à l’opportunité économique que la transition représente. Autrement dit, le pacte vert de l’UE décrit une nouvelle stratégie de croissance en réponse au défi climatique. En lisant le Green Deal, on comprend que ce qui fait trembler l’UE, bien plus que les conséquences du changement climatique pour le vivant ou l’environnement, ce sont les risques qu’il représente pour les fondements du système croissantiste. Cependant, les limites du modèle sur lequel repose la croissance ne peuvent plus être ignorées, pas même par l’UE.

La commission décrit dans son Green Deal un nouveau plan d’action en faveur de l’économie circulaire. Le concept d’économie circulaire, utilisé à ces fins, est simple: recycler, réutiliser, transformer afin que la croissance échappe dès lors aux limites physiques et matérielles planétaires. Cependant l’économie circulaire n’est aucunement garante d’un mode de production plus respectueux de l’environnement ni d’une réduction suffisante des émissions de GES : les matières premières recyclées nécessitent des quantités d'énergies considérables pour leur production. On peut aussi déplorer que ce modèle économique n’intègre que peu de considérations sociales. En somme, grâce au Green Deal le système productiviste pourra perdurer tout en s’adaptant au mieux aux inquiétudes que représentaient jusqu’à présent les limites en ressources existantes.

Ensuite, une des stratégies mise en avant par le Green Deal réside dans l’emploi d’innovations technologiques permettant de mieux prévoir les crises climatiques et environnementales. Les technologies numériques y sont décrites comme « d’une importance cruciale pour atteindre les objectifs fixés par le pacte vert »(p.10). Dans cette optique, « la Commission étudiera des mesures visant à faire en sorte que les technologies numériques, telles que l’intelligence artificielle, la 5G […] et l’internet des objets, puissent accélérer et optimiser l’impact des politiques de lutte contre le changement climatique et de protection de l’environnement »(p.10). Pourtant, selon une tribune d’ingénieurs parue dans Le Monde, « Il y a aujourd’hui un consensus pour dire qu’un équipement 5G consomme trois fois plus qu’un équipement 4G, et qu’ajouter des équipements 5G aux infrastructures existantes (2G, 3G, 4G) conduira au moins à doubler la consommation. Par ailleurs, avec la 5G il faudra trois fois plus de sites qu’avec la 4G pour assurer la même couverture»⁽²⁾. En d’autres termes, le déploiement des technologies numériques, tout comme la transition vers l’économie circulaire, viendra immanquablement ajouter un besoin en ressources énergétique.

Tout bien considéré, la transition envisagée par le pacte vert nécessitera un coût énergétique considérable, lequel viendra s’ajouter à nos besoins actuels déjà élevés. Sur cette trajectoire, on peut craindre que les énergies renouvelables ne parviennent pas à substituer l’emploi des énergies fossiles mais s’y ajoutent plutôt en complément, ralentissant alors la transition énergétique visée. Dans ce domaine, le Green Deal mise sur deux secteurs clés. D’une part, le développement des sources d’énergies renouvelables, avec en favori le déploiement de l’éolien en mer. D’autre part, l’encouragement de la décarbonisation du secteur du gaz. Le développement de ces secteurs s’intègre dans l’objectif de « Fournir de l'énergie propre, abordable et sûre »(p.4). Concernant le qualificatif « énergie propre », restons vigilant.e.s quant aux activités qui en bénéficieront. Il importe de questionner le rapport entre leur coût écologique global et les quantités de CO2 qui seront effectivement évitées par leur mise en place.

D’un point de vue budgétaire, le Green Deal annonce comme nécessaire « des investissements annuels supplémentaires de quelque 260 000 000 000 EUR »(p.18). Afin d’atteindre cette somme, le pacte vert envisage la mobilisation d’investissements publics et privés. Le Green Deal désire également « aider les entreprises à innover et à devenir des acteurs de premier plan au niveau mondial dans le domaine de l’économie »⁽³⁾, les industries sont présentées comme le levier central de la transition. En même temps, l’UE promet que personne ne sera laissé de côté par la transition. Dans cette optique, l’UE a dévoilé, le 14 janvier 2020, son plan de financement pour une « transition juste ». Toutes ces ressources devraient mobiliser 100 milliards d'euros d'investissements publics et privés»⁽⁴⁾. Cette proposition de financement n’a pas fait l’unanimité, certain.e.s appellent à veiller à ce que les ressources soient suffisantes pour atténuer les conséquences de la transition (par exemple, compenser les pertes d’emplois dans les secteurs polluants). D’autres accusent un manque de clarté quant à la provenance des ressources et sur la distribution des fonds. Ces questions sont pourtant centrales si l’UE désire mettre en place une transition « juste et inclusive »(p.2) comme elle le déclare dès les premières pages du Green Deal.

Pour conclure, face à l’enjeu environnemental et climatique actuel, nous sommes une fois de plus forcés de constater que les objectifs sont toujours insuffisants au regard des recommandations scientifiques et internationales. Quant au modèle de relance économique « vert » proposé par ce Green Deal, nous nous inquiétons que les aspects sociaux soient mis de côté par ce pacte. Aujourd’hui, l’UE tente de formuler une réponse économique à la crise écologique et environnementale, sans envisager la question sociale de manière structurelle. La proposition du Green Deal ne nous satisfait pas. Le système qui a détruit l’environnement est responsable des inégalités sociales grandissantes, cela doit être pris en compte dans ce plan d’avenir. Le Green Deal doit apporter une réponse globale à l’urgence sociale, environnementale et climatique. Tout se jouera dans les mois à venir, c’est au fil des étapes de la mise en œuvre du Green Deal que celui-ci se précisera et qu’il nous appartiendra de nous mobiliser afin d’exiger un plan d’avenir social et durable.

1. Greenpeace France, « Green Deal : un pacte qui ne sauvera pas le climat », publié le 11 décembre 2019.

2. Hugues Ferreboeuf et Jean-Marc Jancovici, « La 5G est-elle vraiment utile ? », Le Monde, publié le 9 janvier 2020..

3. Comission Européenne, « Qu'est-ce que le pacte vert pour l'Europe? » publié le 11 décembre 2019.

4. Un plan de financement européen ambitieux pour une transition énergétique juste

Nederlands

De jongeren die vorig jaar « voor het klimaat » geprotesteerd hebben, kunnen weer terug naar school met een rustig geweten. Europa heeft hun boodschap goed gehoord en stelt een groen pact of Green Deal voor. « Europa resoluut op het juiste pad zetten, het pad van duurzame en inclusieve groei » (p.2). Zo klinken de beloftes van dit project, voorgesteld door de voorzitster van de comissie, Ursula von der Leyen, 11 december 2019.

Dit artikel belicht de centrale assen van de « ongelooflijke groene transformatie » die de commissie ons beloofd. Van het beheer van broeikasgasemissies, tot de kosten van de uitvoering ervan, sprekend over de rol die wordt gegeven aan digitale technologieën en hernieuwbare energiebronnen, zal dit artikel proberen ons te informeren over de sociale en duurzame ambitie van het nieuwe groene pact.

Allereerst moet worden opgemerkt dat de voorstellen voor de vermindering van broeikasgassen (BKG), die in de Green Deal worden overwogen, onder de wetenschappelijke aanbevelingen en internationale doelstellingen liggen. Greenpeace veroordeelt: « De Europese Unie moet haar broeikasgasemissies tegen 2030 met ten minste 65% verminderen, veel meer dan de voorgestelde verlaging van -50% tot -55%. Het moet uiterlijk in 2040 koolstofneutraal zijn - en niet tegen 2050. Met dit groene pact haalt de Europese Unie de doelstellingen van de Overeenkomst van Parijs niet ».

Bovendien is er een gebrek aan consistentie in de ambities van de Green Deal op mondiaal niveau, met name wat betreft de vermindering van broeikasgassen. De EU verklaart in het document dat "zolang een groot aantal internationale partners niet dezelfde ambitie delen als de EU, het risico op koolstof lekken aanwezig zal zijn [...]" en voegt daaraan toe dat "als dit risico zich voordoet, zal er geen vermindering zijn van de mondiale uitstoot en dit zal de inspanningen van de EU en haar industrieën om de wereldwijde doelstellingen in de strijd tegen klimaatverandering zoals vastgelegd in de Overeenkomst van Parijs te bereiken, teniet doen ” (p.6). Deze fatalistische positie is een gevaar! Europa moet dringend een meer omvattende, realistische en ambitieuze visie aannemen als reactie op de noodsituatie van het klimaat. Anders dreigt de Green Deal te leiden tot een grotere verplaatsing van Europese vervuiling naar het buitenland. Wereldwijd stijgt de uitstoot van broeikasgassen nog steeds sterk, een realiteit die niet langer over het hoofd mag worden gezien.

"Een dringende uitdaging omzetten in een unieke kans", is het met deze vreemde reeks woorden dat het groene pact wordt geïntroduceerd. De "dringende uitdaging" is natuurlijk de klimaat- en milieucrisis. Wat de "unieke kans" betreft, verwijzen deze woorden naar de economische kansen die de overgang biedt. Met andere woorden, het groene pact van de EU beschrijft een nieuwe groeistrategie als antwoord op de klimaatuitdaging. Bij het lezen van de Green Deal , begrijpen we dat de EU bang is van de risico's die het vormt voor de grondslagen van het groeiende systeem, veel meer nog dan de gevolgen van klimaatverandering voor het leven of het milieu. De grenzen van het model waarop groei is gebaseerd, kunnen echter niet langer worden genegeerd, zelfs niet door de EU.

De commissie beschrijft in de Green Deal een nieuw actieplan ten voordele van circulaire economie. Het concept van circulaire economie, in gehele toepassing, is simpel: recycleren, hergebruiken, vervormen zodat de groei de fysische en materiële limieten van de planeet ontvlucht. Circulaire economie is echter geen garantie voor een milieu respecterend productieproces, noch voor de nodige vermindering van de uitstoot van BKG: de noodzakelijke energie voor de productie van de gerecycleerde primaire grondstoffen blijft zeer hoog. We treuren ook dat dit economisch model helaas amper sociale overwegingen integreert. Kortom, dankzij de Green Deal zal het productiesysteem voortduren, zich aanpassend aan de verontrusting dat de limieten van de natuurlijk grondstoffen voorstellen.

Vervolgens is één van de voorgestelde strategieën van de Green Deal het gebruik van technologische innovaties om klimaat- en milieu crises beter te voorspellen. Digitale technologieën worden beschreven als "cruciaal voor het bereiken van de doelstellingen van het groene pact" (p.10). Met dit in gedachten, "zal de Commissie maatregelen bestuderen die ervoor moeten zorgen dat digitale technologieën, zoals kunstmatige intelligentie, 5G [...] en Internet of Things, de impact van het controlebeleid kunnen versnellen en optimaliseren, tegen klimaatverandering en milieubescherming “(p.10). Nochtans volgens een column gepubliceerd in Le Monde "is er vandaag de consensus dat 5G-apparatuur driemaal meer verbruikt dan 4G-apparatuur en dat 5G-apparatuur, toegevoegd aan bestaande infrastructuur (2G, 3G, 4G), ten minste het dubbele zal verbruiken. Met 5G zijn bovendien drie keer meer sites nodig dan met 4G om dezelfde dekking te garanderen "1. Met andere woorden, de inzet van digitale technologieën, net als de overgang naar de circulaire economie, zal onvermijdelijk de behoefte aan energiebronnen vergroten.

Alles bij elkaar genomen zal de door het groene pact beoogde transitie aanzienlijke energiekosten vergen, die zullen worden toegevoegd aan onze reeds hoge huidige behoeften. Op dit traject kunnen we vrezen dat hernieuwbare energiebronnen er niet in slagen het gebruik van fossiele brandstoffen te vervangen, maar enkel eraan toegevoegd wordt, waardoor de beoogde energietransitie wordt vertraagd. Op dit vlak richt de Green Deal zich op twee belangrijke sectoren. Enerzijds de ontwikkeling van hernieuwbare energiebronnen, vooral de inzet van windenergie op zee bevorderen, anderzijds het koolstofarm maken van de economie van de gassector. De ontwikkeling van deze sectoren maakt deel uit van de doelstelling "schone, betaalbare en veilige energie te leveren" (p.4). Laten we wat de kwalificatie "schone energie" betreft waakzaam blijven met betrekking tot de activiteiten die hiervan profiteren. Het is belangrijk om de relatie in twijfel te trekken tussen hun totale ecologische kosten en de hoeveelheden CO2 die effectief worden vermeden door hun implementatie.

Vanuit budgettair oogpunt kondigt de Green Deal zo nodig "extra jaarlijkse investeringen van ongeveer 260 miljard EUR" aan (p.18). Om dit bedrag te bereiken, overweegt het groene pact de mobilisatie van openbare en particuliere investeringen. De Green Deal wil ook "bedrijven helpen innoveren en leidende spelers worden in de wereld op economisch vlak", industrieën worden gepresenteerd als de centrale hefboom voor de overgang. Tegelijkertijd belooft de EU dat niemand door de overgang zal worden achtergelaten. Met dit in het achterhoofd onthulde de EU op 14 januari 2020 haar financieringsplan voor een "rechtvaardige overgang". Het financieringsvoorstel was niet unaniem, sommigen pleiten ervoor te zorgen dat er voldoende middelen zijn om de gevolgen van de overgang te verzachten (bijvoorbeeld compensatie voor banenverlies in vervuilende sectoren). Anderen tonen een gebrek aan duidelijkheid aan over de herkomst van grondstoffen en de verdeling van grondstoffen. Deze vragen staan ​​echter centraal als de EU een "eerlijke en inclusieve" overgang (p.2) wil opzetten, zoals blijkt uit de eerste pagina's van de Green Deal.

Concluderend moeten we, gezien de huidige milieu- en klimatologische uitdaging, opnieuw constateren dat de doelstellingen nog steeds onvoldoende zijn wat betreft wetenschappelijke en internationale aanbevelingen. Wat betreft het "groene" economische herstel model dat door deze Green Deal wordt voorgesteld, zijn we bezorgd dat de sociale aspecten door dit pact worden opzijgezet. Vandaag probeert de EU een economisch antwoord te formuleren op de ecologische en economische crisis, zonder de sociale kwestie te overwegen op een structurele manier. Het Green Deal-voorstel voldoet niet volgens ons. Het systeem dat het milieu heeft vernietigd, is verantwoordelijk voor de groeiende sociale ongelijkheden, hiermee moet in dit plan voor de toekomst rekening worden gehouden. De Green Deal moet een alomvattend antwoord bieden op de noodsituatie op sociaal, milieu- en klimaatgebied. Alles zal in de komende maanden worden besloten, het zal tijdens de fasen van de implementatie van de Green Deal duidelijker worden en het is aan ons om te mobiliseren om een ​​plan te eisen voor een sociale en duurzame toekomst.


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